mercredi 5 décembre 2007

Un regard sur la cinquantaine en Afrique!

La semaine dernière, c’était également ma fête. Ne sachant pas vraiment comment les gens célébraient leur anniversaire, je me suis renseigné auprès de quelques amis. D’abord, selon les échos que j’ai reçus, ce n’est traditionnellement pas tout le monde qui organise quelque chose pour cette occasion. Certains ne connaissent pas leur date exacte de naissance, alors que d’autres font plutôt accueillir leur famille et amis la journée du saint portant leur nom. Alors je vous invite à demander à grand-maman quel est la journée de la Ste Sylvie, et si elle existe, on pourra tous célébrer la cinquantaine de ma tante une deuxième fois!

Mes amis m’ont aussi dit que c’est le fêté qui doit organise et paye pour la nourriture que les invités prendront. Mais bon, comme ma technique de cuisine africaine n’est pas encore assez développée, j’ai préféré laisser faire. J’ai amené quelques plantains fris et tout le monde semblait bien content! Alors si vous souhaitez fêter à l’africaine, envoyer le bill à Sylvie, je suis sûr qu’elle va être super contente!

Bon, arrêtons de parler de moi, parce que je n’ai malheureusement pas atteint l’âge des Club MMed encore! Quel est donc le visage de la cinquantaine ici? Contrairement à ce qu’on penser, l’Afrique n’a pas un seul visage, mais bien au-dessus d’un milliard qui ont tous une vision, une opinion sur ce qui se passe sur notre planète. Comme le temps est compté, laissez-moi vous en présenter deux d’ici, au Burkina Faso. J’ai eu la chance de rencontrer ces deux femmes uniques qui sont toujours pour moi une source d’inspiration.



Je vous présente Geneviève, mère d’une famille de 7 enfants. Elle parle seulement moré, elle n’est pas allée à l’école. Chaque matin, elle se lève vers 4h30 pour préparer le feu, balayer la cours et cuisiner la bouillie pour servir au petit-déjeuner. Pendant la saison des pluies, elle accompagnera son mari au champ toute la journée. Armé d’une pioche, elle enlèvera la mauvaise herbe sans montrer le moindre signe de fatigue. À son retour à la maison, elle devra laver les vêtements, à la main bien sûr! Et préparer le repas du soir pour se coucher vers 22h. Les jours suivant, le manège recommence! Quel courage!

À plusieurs kilomètres de là, dans la ville de Bobo Dioulasso, vit Helena. Elle est une leader dans les différents groupes dans lesquelles elle s’investit. Elle représente entre autre un groupement de producteurs de légumes, composé de femmes et d’hommes. Elle transmet ainsi chaque jour à des paysans son savoir tant au niveau technique qu’à la gestion de leur exploitation. Elle est la seule femme à travers 16 autres conseillers masculins distribuer un peu partout dans le pays. Elles ne comptent donc pas les heures passées à tenter d’améliorer les conditions de vie de plusieurs producteurs à petite échelle, leur permettant ainsi d’espérer passer la barre de la pauvreté extrême.

Quel est le lien entre ces femmes? Une, faute de moyens, travaille au bien-être de sa famille. L’autre, ayant eu la chance d’apprendre à lire et écrire, encourage des producteurs à développer leurs aptitudes et augmenter chaque année leur revenu. Et toi Sylvie, tu te situes où là-dedans? Tout comme ces femmes exceptionnelles, Tu te préoccupes des gens qui t’entoure, tu as toujours une pensée pour tes neveux qui, au fond, sont tous devenus un peu tes enfants à toi aussi. Tu sais, quand tu venais nous visiter dans les grandes villes où nous étudions ou travaillions, nous sentions vraiment ton désir de passer du temps avec nous, de discuter, d’échanger, de passer de bons moment. Et ça, c’est vraiment spécial! Merci tante Sylvie.

Passe une bonne fête et ne pleure pas trop.

Et à vous tous, dans la salle, mangez une bonne poutine à ma santé! Je pense à vous!

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Bonjour Simon,
Si je ne t'ai pas répondu avant, c'est que j'étais à réfléchir sur ce que j'allais te raconter. Premièrement, merci beaucoup pour l'hommage, tes paroles m'ont profondément touchées. Cette soirée restera gravée à jamais dans ma mémoire. Merci encore d'avoir fait de mes 50 ans une journée mémorable. Pour ce qui est de la différence entre ces femmes du Burkina et moi, et bien la comparaison est vraiment grande car moi une nord-américaine qui se couche le soir dans un lit douillet et qui se lève le lendemain matin avec une odeur de café chaud dont la cafetière aura été programmée la veille. Ce qui fait de moi une personne gâtée par la vie et par ceux que j'aiment et qui m'aiment. De part ton reportage dans le journal local, je sais Simon que malgré les longues journées de travail ardues, ces personnes ne se plaignent jamais et elles recommencent jour après jour. Et moi, certains matins, de quoi je me plaints? Simon, tu nous transmets les vraies valeurs de la vie et continue de nous étonner.
Merci encore et fais attention à toi. Tante Sylvie x.x.x...