dimanche 26 avril 2009

Des gens que je ne pourrai pas oublier…

Chers lecteurs, m’ayant fait quelque peu oublié au courant de la dernière année, je vous fais parvenir mon dernier texte.

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Je me réveille à 7h ce matin là. La veille, j’ai mangé un riz sauce pâte d’arachide et des succulentes brochettes de bœuf en fin de soirée, un plaisir dont je ne suis jamais lassé ces 20 mois passés au Burkina. J’ai dormi à la belle étoile, sous un filet anti-moustique, car la température en cette saison chaude, même en pleine nuit, ne me permet pas de rester à l’intérieur de la maison. Au matin, ce sont les bruits de marmites des femmes s’affairant à la cuisine dans la cour et l’âne du voisin qui sont mon réveil matin. Je puise mon eau pour me doucher. Après seulement il me sera permis de saluer les gens de la cour. En même temps, je regarde les enfants partir à l’école avec un sac de riz de 10kg comme sac à dos.

Pour les quelques 75000 habitants de la ville de Ouahigouya, c’est une journée comme les autres. Pour moi, elle revêt un caractère plutôt nostalgique, voir triste. C’est ma dernière journée au « pays des hommes intègres » (traduction littérale de « Burkina Faso »). J’ai terminé mes dossiers au sein de l’organisation locale avec qui je travaille. Ensemble, nous avons monté des modules de formation sur comment gérer les stocks de céréales de manière à éviter la famine les mois précédents la récolte. Ces formations seront données aux groupements villageois après la prochaine récolte en décembre.

C’est la voie que j’ai choisie de prendre. Le cœur de mon travail est de développer la capacité des conseillers agricoles aidant les producteurs à gérer leur activité, prendre de meilleures décisions. Au lieu de lui offrir la charité, le conseiller agricole réfléchit avec eux sur les aspects techniques et économiques des choix de cultures de céréales et de légumes tout en s’assurant de combler les besoins de la famille en nourriture. En l’orientant dans sa prise de décision sans s’imposer, le conseiller respecte le mode de vie du producteur. Par le fait même, j’ai côtoyé des agronomes, des animateurs et conseillers agricoles burkinabé passionnés et compétents qui ont été une source de motivation et d’apprentissage quotidien. Renforcer des dispositifs plaçant le producteur au centre de la prise de décision a donc été une véritable passion.

Tout au long de cette expérience, j’ai porté un regard sur les gens et les événements. Mais de par ce que je fais comme travail et mon optimisme, je préférerai toujours parler des visages souriants et des expériences de développement positives.

Je me souviendrai de Alizeta, ma voisine, une jeune fille de 14 ans n’allant pas à l’école. Contrairement à ses frères et sœur, elle reste à la maison pour aider sa maman. Elle est toujours souriante et je lui demandais souvent son aide.


Alizeta

Je me souviendrai de Souleymane, un producteur de pomme de terre et d’oignon en saison sèche. Quand il m’a dit s’être fait volé ses 11 bœufs, il a sourit en me disant « ça va aller! ». Il cherche toujours les moyens d’améliorer son travail et hésite à prendre un crédit car il n’est pas sûr de pouvoir rembourser.


Souleymane

Je me souviendrai de Moussa, un technicien en agriculture impliqué à 200% dans son travail. Même le soir, nous discutions des comportements des producteurs difficiles à changer et des moyens d’améliorer notre impact sur le terrain.


Moussa

Je me souviendrai d’Océanne, qui, comme tous les enfants, ont peur de moi au début mais qui s’habitue peu à peu. Ayant une mère fonctionnaire, elle aura sûrement beaucoup d’opportunités de choisir l’emploi et la vie qu’elle désire.


Océanne

Ce sont ces visages et ces gens qui garderont mon feu. Je sais que ces gens et bien d’autres ont besoin de notre support, que ce soit sur le terrain ou dans notre épicerie en achetant les produits « équitables ». Pareillement, j’espère que ces histoires vous ferons embarquer vous aussi, à votre façon, au développement de ces populations.

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Ces gens peut importe leur couleur ont été ta 2e famille Simon, mais ils ont fait de toi une meilleure personne, je le sens à travers tes propos, c'est certain

j,ai vraiment hâte de te serrer dans mes bras.

je t'aime Mxoxo