dimanche 26 avril 2009

photo pas très pourri de photos


Visite à Gorom-Gorom, une petite ville au nord du Sahel... on se rapproche du désert!



En janvier, il fait très froid dans le desert au petit matin...



Je pose fièrement avec un gros poisson...Celui que moi j'ai pêché était beaucoup plus petit!



Visite dans un périmètre maraîcher: c'Est le temps de la récolte de la salade.



Fati, ma ``MAMAN`` de la cours.



Les enfants adorent les photos!



Il gère des affaires sérieuses! Déjà accros au nouvelles technologies!



Ramadan: les filles de mon quartier se sont toutes bien habillés pour l'occasion



Puiser l'eau, activité de routine nécessaire pour la douche et laver les plats

Des gens que je ne pourrai pas oublier…

Chers lecteurs, m’ayant fait quelque peu oublié au courant de la dernière année, je vous fais parvenir mon dernier texte.

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Je me réveille à 7h ce matin là. La veille, j’ai mangé un riz sauce pâte d’arachide et des succulentes brochettes de bœuf en fin de soirée, un plaisir dont je ne suis jamais lassé ces 20 mois passés au Burkina. J’ai dormi à la belle étoile, sous un filet anti-moustique, car la température en cette saison chaude, même en pleine nuit, ne me permet pas de rester à l’intérieur de la maison. Au matin, ce sont les bruits de marmites des femmes s’affairant à la cuisine dans la cour et l’âne du voisin qui sont mon réveil matin. Je puise mon eau pour me doucher. Après seulement il me sera permis de saluer les gens de la cour. En même temps, je regarde les enfants partir à l’école avec un sac de riz de 10kg comme sac à dos.

Pour les quelques 75000 habitants de la ville de Ouahigouya, c’est une journée comme les autres. Pour moi, elle revêt un caractère plutôt nostalgique, voir triste. C’est ma dernière journée au « pays des hommes intègres » (traduction littérale de « Burkina Faso »). J’ai terminé mes dossiers au sein de l’organisation locale avec qui je travaille. Ensemble, nous avons monté des modules de formation sur comment gérer les stocks de céréales de manière à éviter la famine les mois précédents la récolte. Ces formations seront données aux groupements villageois après la prochaine récolte en décembre.

C’est la voie que j’ai choisie de prendre. Le cœur de mon travail est de développer la capacité des conseillers agricoles aidant les producteurs à gérer leur activité, prendre de meilleures décisions. Au lieu de lui offrir la charité, le conseiller agricole réfléchit avec eux sur les aspects techniques et économiques des choix de cultures de céréales et de légumes tout en s’assurant de combler les besoins de la famille en nourriture. En l’orientant dans sa prise de décision sans s’imposer, le conseiller respecte le mode de vie du producteur. Par le fait même, j’ai côtoyé des agronomes, des animateurs et conseillers agricoles burkinabé passionnés et compétents qui ont été une source de motivation et d’apprentissage quotidien. Renforcer des dispositifs plaçant le producteur au centre de la prise de décision a donc été une véritable passion.

Tout au long de cette expérience, j’ai porté un regard sur les gens et les événements. Mais de par ce que je fais comme travail et mon optimisme, je préférerai toujours parler des visages souriants et des expériences de développement positives.

Je me souviendrai de Alizeta, ma voisine, une jeune fille de 14 ans n’allant pas à l’école. Contrairement à ses frères et sœur, elle reste à la maison pour aider sa maman. Elle est toujours souriante et je lui demandais souvent son aide.


Alizeta

Je me souviendrai de Souleymane, un producteur de pomme de terre et d’oignon en saison sèche. Quand il m’a dit s’être fait volé ses 11 bœufs, il a sourit en me disant « ça va aller! ». Il cherche toujours les moyens d’améliorer son travail et hésite à prendre un crédit car il n’est pas sûr de pouvoir rembourser.


Souleymane

Je me souviendrai de Moussa, un technicien en agriculture impliqué à 200% dans son travail. Même le soir, nous discutions des comportements des producteurs difficiles à changer et des moyens d’améliorer notre impact sur le terrain.


Moussa

Je me souviendrai d’Océanne, qui, comme tous les enfants, ont peur de moi au début mais qui s’habitue peu à peu. Ayant une mère fonctionnaire, elle aura sûrement beaucoup d’opportunités de choisir l’emploi et la vie qu’elle désire.


Océanne

Ce sont ces visages et ces gens qui garderont mon feu. Je sais que ces gens et bien d’autres ont besoin de notre support, que ce soit sur le terrain ou dans notre épicerie en achetant les produits « équitables ». Pareillement, j’espère que ces histoires vous ferons embarquer vous aussi, à votre façon, au développement de ces populations.

mercredi 22 avril 2009

Le développement c'est les gens!

Le secteur du développement est vaste. On s’y perd parfois. Réglons d’abord un point ensemble. Quand des organisations viennent accomplir des actions ponctuelles dans une régions, comme reconstruire après une inondations, construire des puits nourrir des populations dans les camps de réfugiés, donner des sacs de riz dans une région en famine, ce n’est pas du développement, c’est de l’assistance humanitaire. Le développement s’effectue dans un contexte de stabilité politique et environnementale, où les populations bénéficient d’un support visant à diminuer leur vulnérabilité à l’environnement et ainsi évoluer dans celui-ci. Des exemples concrets? La construction d’un forage et la formation d’un comité de gestion de l’eau dans le Sahel, former sur le long terme des producteurs à mieux gérer leur exploitation agricole ou développer le système de commercialisation de la mangue en sont des exemples. Je travaille, vous l’aurez deviné, dans le développement.

Il importe de bien différencier les deux parce que la pauvreté rurale africaine reste méconnu par la plupart des gens. Les émissions du type « Vision mondiale » n’aide pas vraiment. On nous montre un visage sans espoir, où seule l’argent peut permettre de soulager les souffrances d’enfants affamés. Mais croire que cette situation est généralisée à tous les villages tient, selon moi, du mensonge. La majorité des gens que j’ai rencontrés cherchent des opportunités, qui ne viennent pas toujours certes, mais ils cherchent! Pour d’autres, la nécessité de faire vivre la famille les contraint à exercer des activités peu productives qui génèrent peu revenus. Un choc naturel, comme une sécheresse, ou familiale, comme un décès imprévu, suffit à enfoncer les gens dans la pauvreté. Le cycle recommence.

Au mois de mai, la majeure partie de la famille sorte labouré les champs. De juin à septembre c’est la saison des pluies. Si la récolte précédente a été bonne, ils pourront éviter la famine. Sinon, ils auront soit recours à l’aide gouvernementale, au support de parents ou de voisins. Dans le pire des cas, ils seront contraints à diminuer leur ration quotidienne.

Après les récoltes, les garçons devront partir en ville pour chercher le travail ou monter au nord du pays pour à la quête d’or dans des mines non industrialisées. D’autres vivent dans des villages où des points d’eau naturelles ou construits permettent le maraîchage. D’autres utilisent même les points d’eau pour fabriquer des briques servant à la construction des maisons. On appelle ces briques « banco ». Chaque brique est fait uniquement de terre, d’eau et de paille. En ville, on les vend 10 FCFA chacune, ce qui correspond à 2 sous. Les femmes, quant à elles, iront vendre le peu d’arachide qu’elles auront cultivé et iront aussi cherché du bois pour le vendre sur le bord des routes, souvent situé à plusieurs kilomètre, une distance qu’elles feront bien sûr à pied.

Le revenu généré pourra permettre à une famille de combler les besoins en nourriture, d’envoyer les enfants à l’école, d’acheter les habits et si possible, d’épargner en cas de décès, de mariage ou de baptême. D’autres utiliseront ce revenu en argent pour acheter des moutons ou un bœuf. L’embouche est une stratégie très répandue comportant plusieurs avantages. L’animal constitue en soi une banque, parce qu’on peut le vendre en cas de besoin. Il constitue aussi une autre source de revenu, car il peut être vendu plus cher après seulement quelques mois d’engraissage.

Je savais déjà, grâce à différents témoignages, à quel point les gens sont résilients ici (« tuff »). Mais c’est en le voyant, et en le vivant, qu’on en comprend réellement toute l’amplitude. J’espère, avec ce texte, fournir une information qui représente justement une partie de la réalité que je perçois. J’espère aussi vous transmettre une partie de cette expérience, et ainsi changer quelques idées préconçues sur ce grand coin de la Terre que nous, « occidentaux », connaissons malheureusement encore très peu.

jeudi 18 septembre 2008

Compagnon de voyage

J’ai lu ce livre de Hubert Reeves pour la première fois il y a déjà 9 ans de cela. J’étais en secondaire 5 à l’époque. Le livre s’intitulait « Compagnon de voyage ». Ayant écris quelques ouvrages d’astronomie et de physique pour grand public, ce livre avait pour thème l’univers dans son caractère philosophique.

La première partie du livre fait un éloge de la nature. Est-elle belle et cruelle? Tout dépend d’où on la regarde, déclare l’auteur… Il utilise plusieurs exemples avec un élan de poésie que j’ai bien apprécié. Un de ceux-ci nous amène sur le bord d’un lac en forêt, le matin, lorsque le vent n’est pas encore levée. L’homme regarde le spectacle qui s’offre à lui. Le reflet du soleil sur l’eau, l’odeur des sapins, de petits insectes survolant le lac et de petits éphémères bondissent sur une eau presque stagnante. L’homme ne peut qu’apprécier tout ceci lui procurant un grand moment de détente. Transposons nous du côté de l’éphémère maintenant. Il bondit sur le lac à la recherche de nourriture. Il doit se dépêcher car le vent va bientôt se lever et elle devra rejoindre la terre. Tout à coup, sans même pouvoir réagir, un insecte lui plonge dessus et l’avale d’un seul coup. C’est la mort. Qu’elle peut être cruelle, cette même nature.

Je fais beaucoup de parallèle entre ce livre et ce que je vis ici dans mon coin du Burkina Faso. Dans les journaux, on peut lire sur les inondations, la famine, les maladies, la corruption et la pauvreté… D’un autre côté, on entend parler du caractère romantique, voir même exotique toujours présent en Afrique. Sa musique authentique nous fait rêvait, son énergie traversent les continent. Dans tous les films on pourra toujours voir un couché de soleil rougissant la terre ou des dizaines d’enfants, criant et riant, courir derrière une voiture…. L’Afrique est belle et cruelle…

L’accueil burkinabé est exemplaire. Accueilli dans une famille au village, tu pourras, le matin, recevoir du pain et du café qu’ils auront payé pour toi…Le midi, tu aura droit au meilleur morceau de viande et à de l’eau froide. Toutes ces petites attentions vont t’émouvoir. Tu ne t’es par contre pas rendu compte que cette famille n’a pas pu envoyé tous ses enfants à l’école, faute de moyens… Tant de générosité de payent pas les frais de scolarité et le temps nécessaire que les enfants doivent prendre pour aider au taches ménagères.

Dans une famille, voler c’est interdit. Même un blanc a peu de risque de se faire voler. Même avec si peu de moyen, ils n’essaieront pas de te prendre quoi que ce soit. Ce que tu ne peux pas savoir par contre, c’est que les filles de la famille ont peut-être tous été excisées. Personne ne peut voir si une fille est excisée. Lors de l’événement, on dit qu’elle est malade, qu’elle a le palu (paludisme). Ensuite, la vie continue, elle devient comme les autres. Ce n’est pas écrit dans son front, à la petite, qu’elle est excisée… Comment une famille peut-elle être belle et cruelle de cette façon (selon notre point vue en tout cas)?

J’ai également des conversations qui montrent la grande sagesse de ces gens face à leur situation. Cette sagesse n’a pas d’égale et m’impressionne vraiment. Quelques minutes plus tard, d’autres personnes me laissent un mauvais arrière goût par leurs commentaires remplis de préjugés et d’ignorance…Je suis sans cesse confronté à ce dualisme, cette opposition. Je suis cependant très fier de pouvoir constater ces différences et ne pas vivre dans une maison de verre, comme beaucoup d’étrangers font. Certains voient que les bons côtés, d’autres que les mauvais…Mais pour apprendre et avancer, il faut pouvoir vivre dans cette nature qui est la fois belle et cruelle.

jeudi 3 avril 2008

Une histoire d’équilibre ou comprendre ce que P/CP veut dire….Et le lien avec le Conseil de Gestion.

On parle souvent d’efficacité. Qu’en est-il vraiment? On l’expliquera sur la base d’un paradigme que l’on peut appeler ‘l’équilibre P/CP’, principe qu’on néglige trop souvent. Voici d’abord une histoire expliquant bien ce principe.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire qui illustre bien la nature de mon travail. C’est la fable d’Aesop sur la poule et les œufs d’or.

Cette fable est l’histoire d’un pauvre fermier qui un jour découvrit dans le nid d’une de ces poules un magnifique œuf en or. Au début, il croyait à une supercherie. En manipulant l’œuf, il commence à réfléchir et décide de l’amener chez lui pour une étude plus approfondie.

L’œuf est en or pur! Le fermier ne peut pas croire à cette chance! Il devient encore plus stupéfait le jour suivant quand il voit l’expérience se répéter. Jour après jour, il se réveille en hâte pour trouver d’autres œufs en or dans le nid de la poule en question. Il devient rapidement très riche.

Mais avec la richesse est venue aussi l’avarice et l’impatience. Incapable d’attendre le jour suivant pour avoir un autre œuf en or, il décide de tuer la poule pour ainsi les obtenir tous à la fois. Mais quand il ouvre la poule, il la trouve vide. Il n’y a pas d’œufs en or. Et maintenant il n’y plus moyen d’en avoir aucun. Le fermier a détruit la poule qui les produisait.

Je suggère que dans cette fable se retrouve une loi naturelle, un principe – la définition de base de l’efficacité. La plupart des gens voient l’efficacité du point de vue des œufs en or : plus tu produis, plus tu fais, le plus efficace tu es.

Mais l’histoire montre bien que l’efficacité réelle repose sur deux choses : ce qui est produit (les œufs en or) et ce qui les produit (la poule).

Si tu adopte un mode de vie qui se concentre sur les œufs mais néglige la poule qui les produit, tu te retrouveras tôt ou tard sans la poule pour produire. D’un autre côté, si tu prends uniquement soin de la poule sans avoir d’objectif regardant les œufs en or, tu n’auras bientôt plus rien pour nourrir ni toi, ni la poule!

L’efficacité repose sur un équilibre, qu’on peut appeler « équilibre P/CP ». P signifie Productivité, les résultats désirés, les œufs en or. CP signifie Capacité de Produire, l’habilité ou la chose qui produit les œufs en or.

Et le lien avec le Conseil de Gestion…


Le conseil de gestion a connu une évolution progressive au cours des années. Cette année, nous avons environ 450 adhérents. Les conseillers en gestion sont supposés visiter les adhérents 2 fois par mois pour le suivi-appui conseil, faire le calcul, l’analyse, le commentaire de gestion, la restitution des résultats ainsi que la prévision de la campagne à suivre. Ajoutons à cela les sensibilisations au Conseil de Gestion et la préparation pour le Bilan de Fin de Campagne. N’oublions pas en plus que la plupart des sites ont des adhérents en culture maraîchage et en culture hivernale.

Il serait très facile de justifier une approche en développement centré sur l’acquisition de matériel, de conseil technique. Donnons des intrants à ceux qui produisent. Montrons certaines techniques de productions en espérant que les gens les adoptent. On veut les œufs en or…

Le conseil de gestion est une approche qui fait le pont entre les œufs en or et la poule qui les produits. En donnant des outils aux gens leur permettant de réfléchir sur les choix qu’ils font et de comprendre leurs revenus, leurs dépenses, leur profit, nous investissons dans la Capacité de Produire. En étant une aide à la décision, en leur laissant faire des choix sur la base de résultats concrets de leur exploitation, nous leur donnons des moyens de produire plus d’œufs en or. Nous prenions soin de la poule.

De plus, les formations sur demande, le conseil individuel, le commentaire de gestion et la prévision de campagne sont des choses concrètes pour le producteurs, des aspects qui lui font gagner plus d’œufs en or. C’est un équilibre fragile mais qui a beaucoup de valeur.

Cet équilibre n’est pas sans faille. Certains adhérents laissent la tâche aux conseillers de remplir le cahier de gestion de l’exploitation. On peut produire des œufs en or plus rapidement car il y a moins d’erreur dans le cahier. Mais petit à petit, il y a des centres d’alphabétisation qui construisent leur formation en lien avec le conseil de gestion. Des adhérents passent aussi le relais à leur enfant pour remplir le cahier. On investie dans la poule, dans la capacité de produire…

Cette fable a sur la poule et les œufs en or me permettent d’avoir de la perspective sur mon travail, mais aura je crois beaucoup d’incidence sur ma vie personnelle, familiale et professionnelle futur.

Est-ce que personnellement, j’investis assez de temps dans ma CP?
Est-ce que mes relations interpersonnelles sont basées sur un équilibre P/CP?
À quel point je veux que mon futur patron respecte cet équilibre P/CP dans le travail qu’il me demandera?

Plein de questions, qui demanderont encore plus de réflexions! Mais ça c’est bien, non!?

Des photos

Quelques photos qui font exemption...Je suis dans les photos!


Alain, un ancien volontaire, Augustin, un ami ainsi que toute sa famille au village de Silia.




Moi sur un âne...sans commentaires! et non ce n'est pas de la neige. juste l'appareil photo qui est bizarre


Moi qui sort d'un bus lors d'une mission

mardi 1 avril 2008

Choc culturel!

La plupart des voyageurs connaissent la théorie des chocs culturels.

Quand tu arrive dans un pays, c'est le "high". Tu découvre et tu es émerveillé par tout ce que tu vois. Tu as soif de découvertes toutes les rencontres sont une occasion d'apprentissage unique.

Après plusieurs semaines, quand le quotidien s'installe, tu remarque des choses qui te deplaisent. Tu compare ce qui est bien ici, mal ici, avec ce que tu es habitué de vivre dans ton pays. Des aspects que tu croyais vrai le sont plus. Tu es confronté à la dur réalité des choses. Tu t'ennuie de ta famille et tu penses à repartir.

La troisiéme étape consiste à remonter la pente, à mettre les choses en perspective et à questionner plutôt que juger. Finalement, la quatriéme étape, tu vis à l'aise dans ta communauté d'accueil...

Mais qu'en est-il des chocs culturels occidentaux qu'on vit ici?! Je n'ai lu aucun truc la dessus! Je m'explique. La semaine, j'ai vécu deux chocs culturels assez intenses.

Nous étions, les volontaires ISF du Burkina, tous réunis pour un meeting mensuel. Pour la deuxième fois seulement depuis mon arrivée, on décide de se rendre dans une piscine de Ouagadougou. Le choc! Un bel hotel, des trucs qui brillent, des musiciens qui chantent, des tables en marbres, des blancs partout...Le choc quoi!

Deux jours plus tard, de retour dans ma ville, je passe en vélo et je vois, à ma grande surprise, un groupe d'adultes s'adonner à la pétanque..., et oui, ce sport mythique pratiqué par nos matantes et mononcles préférée de chez nous. Une épluchette de blé d'inde avec ça! Sortez la liqueur au fraise et le orange crush et on fait la fête! Ya plus de surprise possible!

C'était l'histoire de mes deux chocs culturels de la semaine.

PS. En passant, j'ai aussi été secoué quand j'ai vu qu'il y avait aussi de la liqueur au fraise ici. Moins populaire mais quand meme apprécié par bon nombre. J'y goute la semaine prochaine sans faute!

vendredi 14 mars 2008

Manifestez-vous!

Bonjour a tous!

Depuis le début de ce périple, je suis agréablement surpris de constater qu'il y a des visiteurs sur mon blogue que je n'aurai pas soupsonnés! certains me lisent à partir de l'alberta, de l'ontario, de plusieurs regions de la France, de l'Angleterre, du Burkina, du Congo, de l'italie....

Vraiment merci! Je suis curieux de savoir qui vous êtes, pourquoi mon blogue vous intéresse, ce qui vous passionne dans la vie, si vous aimez le chocolat chaud...les choses importantes de la vie quoi!

J'attends un signe de votre part, un petit bonjour réchauffera mon coeur déjà soumis à un 35 degré a l'ombre!

mercredi 13 février 2008

Le maraîchage 101

Des semences, de la bonne terre, un arrosage quotidien… Qu’est-ce qui faut de plus pour faire pousser des légumes?

C’est ce que je croyais, il y a six mois, quand je suis arrivé au sein de la cellule agro économique de mon ONG (Organisation Non Gouvernementale). La cellule suit plus de 400 producteurs dans leurs productions maraîchères et céréalières à travers le conseil de gestion à l’exploitation agricole. Ce conseil est une aide à la décision, un outil d’analyse de la rentabilité économique par le producteur lui-même, et de prise de décision en vue d’améliorer la situation de son exploitation.

Sept conseillers accompagnent donc chaque producteur pour que ceux-ci comprennent mieux les dépenses, les revenus et les aspects techniques de leur production.

J’ai pu comprendre rapidement que le maraîchage requiert des moyens pour investir, un savoir et beaucoup de travail! D’abord, il faut avoir accès à un point d’eau. Certains ont un ou deux puits, d’autre un bassin d’eau alors que des groupes ont bénéficié de projets d’envergure permettant la construction de barrage retenant l’eau de pluie.

Par la suite, des années sont nécessaires avant que se construise le savoir nécessaire à la culture de plants de qualité à bons rendements. Les maraîchers doivent trouver l’apport en eau et la quantité d’engrais optimale par rapport au type de sol de leur région. Ils doivent trouver des semences de qualité, permettant une bonne levée des plants. Ils doivent maîtriser la confection des pépinières et les traitements en cas de maladies. Ils doivent toute l’année faire le compost nécessaire à l’engrais organique. Seulement les mieux organisés peuvent irrigué avec une pompe, la plupart devant y aller arrosoirs par arrosoirs, sur plus de 500m2! Le nord du Burkina Faso produit beaucoup de pommes de terre et d’oignon. On y trouve également du chou, de la tomate, de l’aubergine, de la carotte, de l’ail, du piment.

(un producteur utilise les arrosoirs pour sa percelle de chou, Il poursuivra devant pour arroser ses parcelles de tomates)

Et ça c’est seulement la production! La réussite ou l’échec d’une saison maraîchère s’observe davantage à la vente. Il faut trouver un acheteur pour ses produits, l’éloignement des grands axes routiers rendant souvent l’opération très compliquée. Les besoins en argent pressant des producteurs rendent de plus l’organisation difficile, chacun essayant de vendre le plus rapidement possible. Si tout se passe bien, le bon maraîcher pourra sortir de ce trois mois de travail avec 200$ en poche. Il pourra, si les puits ou les réservoirs n’ont pas taris, répété à nouveau l’exercice.

(on se prepare pour vendre les oignons)


Le jeu en vaut par contre la chandelle. Les revenus générés permettent à la famille d’envoyer les enfants à l’école, de payer les frais de santé, les habits et même d’ouvrir un compte dans une Caisse d’épargne et de crédit. Ils permettent aux hommes de rester au village au lieu d’aller « chasser » l’or ou le travail en ville. Les femmes peuvent aussi pratiquer cette activité génératrice de revenu, lui permettant de participer aux dépenses de la famille et ainsi augmenter son statut. Le regroupement de producteurs autour d’un site permet aussi d’augmenter la cohésion sociale et le partage des connaissances. Dans le cas du Conseil de Gestion que nous faisons, les producteurs viennent également à occuper des postes de leaders dans leur communauté, étant donné qu’ils ont acquis des compétences de gestionnaires sur leur exploitation. Ils peuvent ainsi devenir trésorier d’un groupement, président d’une association de jeunes, responsable des recouvrements de crédit et autres. Écoutons deux producteurs :

« Le Conseil de Gestion a résolu tous mes problèmes. Avant de me lancer dans une activité, j’évalue à l’avance ce qu’elle me rapportera, si bien qu’aujourd’hui je constate que mon budget a augmenté et je m’occupe bien de l’alimentation de ma famille. J’ai pu scolariser deux enfants car j’ai compris l’importance de l’école. Toute ma famille se porte bien. J’ai pu acheter une charrette ».

Pour un autre, l’impact est différent : « Avant mon adhésion (au Conseil de Gestion) je gérais mal mon grenier si bien que souvent la famine frappait ma famille. Maintenant nous mangeons très bien toute l’année. Et avec l’argent que je gagne en plus, j’arrive à scolariser mes enfants et à assurer la santé de la famille qui depuis tombe de moins en moins malade. J’ai pu me marier à une nouvelle femme ».

L’activité du maraîchage est donc une activité qui se développement au Burkina, mais non sans difficulté. La maîtrise de l’eau, le manque d’équipement, les maladies des plants et surtout le développement des marchés pour la vente sont des contraintes la société et les différents projets de développement essaie de soulever, avec l’aide des producteurs et leurs groupements.

Le pouvoir des images

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D'abord vraiment merci pour vos commentaires. Chaque commentaires me "boost" pour la journée, je vous ment pas! Savoir qu'on est lu c'est vrailent important et très touchant! Donc voici mon prochain texte... gare à vous, journaliste et photographe en herbe!

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Durant mon implication scolaire et les quelques mois passés ici, je me suis rendu compte de quelque chose. Quand je travaille en équipe, je suis plutôt celui qui faire ressortir les problèmes, critiqués, identifiés ce qu’on aurait pu faire mieux. Quand je parle de développement et de pauvreté en général, je suis l’inverse. J’ai tendance à valoriser ce qu’il se fait de bien, montrer des exemples de réussite et d’espoir. Quand je regarde les médias, je me rend compte que eux aussi, on tendance à présenter un seul côté de la médaille…

Au Canada, nous voyons trop d’images de violence et de famine provenant de l’Afrique, oubliant qu’il y a de petites révolutions positives, qui se produisent tous les jours, et qui font avancer la société et les gens qui y vivent. On entend parler des gouvernements corrompus africains, alors qu’on oublie que le Ghana est un exemple de démocratie pour tous les pays du monde, y compris les pays développés. On oublie la corruption qui sévit aussi dans nos propres pays. On entend parler des guerres du diamant, alors que ce sont des biens consommés presque uniquement dans les pays riches. Belle ironie!

C’est suite à cette réflexion que je me suis questionné sur le pouvoir des images. Quand on présente une image, on présente aussi une réalité. Mais cette réalité peut trop facilement être interprétée, tordue et adaptée selon le contexte. Par exemple, voici une photo que j’ai prise dans le village de Hittè :



Quelle est votre impression en regardant cette image? Sûrement l’impression d’une terre sèche, infertile. On voit à droite un enclos défait et à gauche une femme bien aimante et ses deux enfants qui, délaissés, semble à la recherche de on-ne-sait-pas-quoi. En tout cas, elle semble bien cherché quelque chose! On pourrait presque croire à un village abandonné! Voici une autre photo prise à moins de 100 mètres du même endroit :



C’est le même village! Dans celle-ci, on voit toute l’agitation. Le forage permet à plusieurs femmes de puiser l’eau nécessaire à la nourriture. Il semble bien y avoir une dynamique sociale s’étant installé grâce au forage! Des bœufs viennent s’abreuver et des pintades tournent autour. Mangera-t-on de la bonne pintade grillée au souper!!!???

Les pailles tissées derrière le forage montre une activité économique. On fabrique ces rouleaux avec de longues herbes qu’on vend au marché. Finalement, les arbres derrières nous indiquent une activité agro-forestière. Ces arbres vont donner des fruits ou seront utilisé à des fins médicinales.

Deux images du même village nous montre deux réalités différentes. J’ai la chance inouie d’être ici, au Burkina, pour présenter, selon ma vision très restreinte des choses, la réalité que je perçois. Cette réalité est modifiée par ma propre culture, mes valeurs, mes idées préconçues, mon humeur du jour, mon état de motivation et les gens qui m’entourent. Je crois par contre que cette réalité que je vous présente dans mon blogue est aussi transformée par quelque d’encore plus important : le visage que MOI je veux présenter de l’Afrique, ou du moins, de la région Nord du Burkina Faso!

C’est à moi d’évaluer quelle est ma responsabilité en temps que travailleur en développement dans la façon que j’aie de présenter l’Afrique. C’est à moi de choisir.

Au final, lesquelles de ces photos vais-je choisir pour vous présenter l’Afrique? Les deux premières ou la dernière?





mercredi 23 janvier 2008

En sortant du cyber...

C’est vraiment bizarre parfois. Deux à trois fois par semaine, je vais au cybercafé. Je download des documents pour le travail, je regarde si ingénieurs sans frontières ne m’a pas envoyé quelque chose. Quand j’ai fait ça, je pars, je m’évade. Je vais voir si mes parents ne m’ont pas envoyé leur message, toujours assidue. Je vérifie si un de mes amis ne m’a pas raconté ce qui se passe à Montréal. Je communique avec mon frère, je lui demande aussi un peu ce qui se passe… Je lis les nouvelles, la situation du Parti Québécois, les accidents de la route, les élections américaines et toujours un peu du blogue de Patrick Lagacé sur cyberpresse. Bref, je suis absorbé par un univers francophone, québécois, des gens qui sont proches de moi. Quand l’heure se termine, j’ai encore toute l’information dans ma tête. Je n’ai pas encore décroché de cet univers, j’ai la tête accrochée à un port sur la rive du St-Laurent.

Je sors du cyber climatisée et chaque fois j’ai un choc, c’est inévitable. 10 degré en plus, des jeunes transportant des bariques de 200 litres d’eau sur des charettes, les dames cuisinant sur le bord des rues, la route de sable, bref, la ville où je vis. Aujourd’hui, j’étais encore au Canada quand un groupe de 5 enfants se sont approchés, m’ont salué et m’ont littéralement demandé de l’argent. Ça n’arrive pas si souvent que ça mais c’est toujours une bonne claque su’a yeule pour me rappeler où je suis. Je n’aime vraiment pas quand ces choses m’arrivent mais c’est inévitable. J’essaie d’être empathique mais c’est pas facile quand t’es exposé à des demandes comme ça tous les jours. J’essaie le mieux que je peux de montrer par mes actions quotidiennes qu’on n’est pas des cashmachine et qu’on n’a pas (tous) tant d’argent que ça quand on vient ici. Quelqu’un me disait dernièrement que je pouvais du jour au lendemain me retourner et demander à ma famille de m’envoyer 5millions (10 000$). Vraiment, quand je lui ai dit que c’était bien au-delà de ce que j’avais comme compensation pour toute l’année, elle ne me croyait pas. J’ai peut-être changé sa vision des choses, mais ça prend juste un groupe de blanc se ramenant avec leur jouet pour distribuer aux enfants pour défaire les efforts de 100 autres blancs qui tentent de montrer que non, on ne sert pas juste à donner des cadeaux, qu’on est des êtres humains aussi.

Mais je n’en veux à personne, c’est plus facile de généraliser et je ne peux pas non plus en vouloir à l’esprit entrepreneurship des petits enfants! Alors ne lâchez pas les kids, on va sûrement finir par se comprendre!

Je sais que dans le fond, moi aussi je généralise parfois. Parce que je tire des conclusions à partir des gens qui m’approchent. Alors que la plupart des gens passent, sans rien me demander. Il me considère comme… quelqu’un dans la rue quoi! Mais eux, je ne les remarque pas, je ne vais pas leur parler…je les ignore….C’est ça qui me rend triste parfois. Du fait que ceux-ci ne m’abordent pas, je ne passe à côté de personnes incroyables…

Que faire alors? Non ce n’est pas perdu! En restant une année ici, on peut côtoyer et apprendre à connaître des gens très bien. Après avoir été prendre le café et les beignets frits au même endroit pendant un mois, tu apprends à connaître les gens et eux aussi apprennent à te connaître. Il faut prendre le temps, c’est tout, et ne pas précipiter les choses…Petit à petit!

mardi 8 janvier 2008

Un temps des fêtes un peu spécial...


Cela fait maintenant près de cinq mois déjà que je suis en Afrique de l’Ouest et c’est toujours un grand plaisir de vous partager mes aventures. Cette semaine, pour faire durer un peu plus longtemps l’esprit du temps des fêtes, je décris le Noël que j’ai passé ici, au Burkina Faso.


Il fait 35 degré Celsius sous un fort soleil sahélien. Le paysage qui s’offre à moi est une plaine parsemée d’arbustes, de longues herbes desséchées, un ou deux arbres à l’horizon et un baobab, cet arbre majestueux se tenant comme un roi au milieu de cette terre rougeâtre. Nous nous dirigeons vers Hittè, le village où j’aurais la chance de passer trois jours, dont la nuit de Noël. Il est 13h et j’ai chaud, très chaud! Deux questions gardent mon esprit occupé : Comment vais-je trouver les mots pour raconter ce moment à mes proches du Canada et surtout, était-ce vraiment une bonne idée de parcourir à vélo 70km sur un chemin sablonneux en deux jours avec cette chaleur et un vent de face!?

Revenons un peu arrière. Ici, le temps des fêtes commencent réellement le 19 décembre. Et non, ce n’est pas parce que c’est à ce moment que les gens s’empressent de parcourir les centres commerciaux pour acheter les cadeaux à leurs proches! En effet, dans une ville où plus de 80% de la population est de religion musulmane, nous fêtons tous la Tabaski, aussi appelé la fête du mouton. Cette journée, toutes les familles qui en ont les moyens tuent un mouton en souvenir du bélier envoyé à Abraham par l’ange Gabriel. Un grand rassemblement a d’abord lieu sur la Place de la Nation, où une foule s’attroupe pour une prière collective à 9h00.



C’est vraiment impressionnant! Pendant la journée, qu’elles soient catholiques ou musulmanes, les familles se visitent entre elles, s’assoient pour manger et discuter. On s’échange les plats de riz, de pâtes, de couscous, de poulet et de mouton bien sûr! De famille en famille, mon ventre se remplit petit à petit. Après le 6e repas, vous comprendrez que j’avais besoin d’une petite pause!

Après la Tabaski, Noël approche rapidement. Un ami et moi décidons de se rendre chez le frère de ce dernier, vivant dans un village à 70km de Ouahigouya, la ville où je demeure. En vélo, nous avançons tranquillement mais sûrement, les chemins de terres et le vent freinant quelque peu notre élan. Arrivés à destination, la famille nous accueille chaleureusement avec l’eau de bienvenue et un plat de tô. C’est la veille de Noël, la noirceur tombe, nous faisons donc rapidement amener le porc et le mouton de l’enclos. Comme il n’y a pas d’électricité, nous utilisons nos lampes à batterie pour nous éclairer. Une heure plus tard, après l’abattage et le vidage et le nettoyage de notre futur festin, nous commençons à couper les différentes parties en plus petits morceaux pour le plat du lendemain. Je suis exténué. La randonnée en vélo de la journée m’ayant quelque peu chauffé l’esprit, un verre de dolo (bière fabriquée localement avec la céréale de sorgho) me suffit pour m’envoyer au lit.

Le lendemain matin, c’est la messe traditionnelle de Noël. Tous les catholiques du village s’y retrouvent pour les chants, l’homélie et la danse finale au son des percussions! Endiablant!



La journée se poursuit avec le repas préparé par les femmes le matin, suivi par la visite des différentes familles situées prêts de chez nous. Le village est très étendu, il est donc difficile de voir tout le monde. L’après-midi, se déroule au cœur du village des activités attirant surtout les jeunes. Grâce au carré de danse, j’ai ainsi pu faire rire un bon coup à plus de 100 jeunes burkinabé! D’un air confiant, j’embarque avec d’autres dans l’arène et sur le son d’une musique reggae, je mets le paquet devant cette foule perplexe. Ce n’est pas tous les jours qu’un blanc vient danser le jour de Noël! Un peu plus loin, d’autres personnes font tirer des prix et vendent des articles qu’on retrouve seulement en ville comme des bonbons, sandales, cigarettes, savons, jouets, vêtements, boissons gazeuses et alcoolisées. Finalement, différents jeux permettent à qui le veut d’exercer son adresse.



Encore une fois exténué, je me couche le soir laissant mon ami discuter et prendre la dolo avec ses amis. Avant de m’endormir sur la natte, un tapis me servant de matelas, j’ai une pensée pour ma famille et mes amis, dont que je suis séparé pour ce moment unique de l’année. En me retournant, je vois le ciel et je me dis qu’au moins, peut-être plus jamais je n’aurai l’occasion de passer Noël sous autant d’étoiles!

Le lendemain, nous sommes sur le chemin du retour, toujours en vélo, mais avec sac d’arachide et un coq en plus!



C’est la tradition, peu importe d’où il vient, si un étranger visite le village de Hittè, il repart avec un poulet. Je profite de cette randonnée pour penser encore une fois à comment je pourrai raconter cette histoire. Je réfléchis à ce qui m’a qui étonné, m’a fait rire et pleurer. J’en viens à la conclusion que Noël est pour tous une occasion de se réunir, bien manger, se raconter des histoires, rires et partager des moments de bonheurs, quelque soit l’endroit d’où l’on vient. Seul la manière de l’exprimer diffère légèrement. Contrairement à chez nous, où le moment fort de la soirée est l’échange de cadeaux, ici, c’est la messe… Et de pouvoir savourer un bon morceau de viande!

Ned Tabo! (Joyeuses fêtes!)

jeudi 20 décembre 2007

L’ABC du conseil de gestion à l’exploitation agricole

Expliquer en quoi consiste ton travail, ce n’est pas facile! Les gens impliqués dans Ingénieurs sans frontières en savent quelque chose! Ce n’est pas évident de décrire notre organisation, ce qu’on fait, notre approche surtout et notre impact outre-mer. J’ai la même difficulté quand je viens à expliquer le travail de la cellule avec laquelle je travaille ici à Ouahigouya, dans l’ONG la Fédération Nationale des groupements Naam. Pour ceux qui veulent connaître mieux l’organisation, j’ai déjà écrit un peu là-dessus, vous pouvez aller voir ça. Comme des gens m’ayant précédé l’ont déjà très bien décrit, je vais reprendre quelques passages (en italique) en y ajoutant mes commentaires.

Comme je le disais, le conseil de gestion aux exploitations agricoles (CdG) permet aux producteurs d’avoir une image sur la rentabilité de son travail et de prendre des décisions d’orientation sur leurs exploitations agricoles en vue d’augmenter leur revenu et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie. Il se base sur des étapes d’enregistrement de données, d’analyse des résultats, de prévision et de suivi.Le conseil inclut une dimension d’aide à la décision pour le paysan ce qui implique de comprendre les caractéristiques de son exploitation et la façon dont il prend ces décisions.

Il faut d’abord comprendre ce qu’est une exploitation agricole. C’est un système complexe avec différents éléments (les cultures, les troupeaux, la force de travail, le grenier etc.) en interaction avec son milieu (sol, climat, etc. La façon de prendre une décision sur exploitation est différente selon chacune d’elles.

Les décisions des paysans s’expliquent par les objectifs qu’ils poursuivent et par les moyens dont ils disposent. Toutefois, ces décisions sont prises alors qu’ils ne disposent pas ou peu d’informations sur le climat de la campagne à venir, les prix des produits agricoles au moment des prochaines récoltes, les techniques proposées par la recherche ou disponibles dans d’autres régions, etc. Mais aussi car ils n’ont qu’une information imparfaite sur leur propre exploitation (le rendement des différentes parcelles, l’impact d’une technique sur la production, les marges obtenues pour chaque culture, etc.)

Le conseil à l’exploitation n’a donc pas pour but de modifier ce processus mais de le rationaliser et de le rendre plus explicite. Sans conseil, le paysan prendra de toute façon une décision. Dans le cadre d’une démarche de conseil, il prendra probablement une décision plus réfléchie car il sera incité à formaliser sa réflexion, à discuter des intérêts et des inconvénients de ses choix avec ses voisins et le conseiller.

Le conseil à l’exploitation fait partie des services à l’agriculture, comme l’approvisionnement en intrants, le crédit, l’appui à la commercialisation, la recherche, la formation des producteurs, etc.. Il génère des effets directs et indirects intéressant un grand nombre de familles paysannes comme :


-L’amélioration des résultats des exploitations : le CdG débouche sur une amélioration des pratiques agricoles, et en ce sens représente une contribution à la vulgarisation agricole et une meilleure allocation des moyens de production disponibles. Les impacts du conseil dépassent le cadre des seuls participants qui sont souvent des leaders d’opinion dans leur milieu. Les informations, les techniques, les normes sont véhiculées à travers les réseaux socio-professionnels qui existent en milieu rural. Le CdG a un effet d’entraînement dans la communauté. Pour un producteur qui apprend comment traiter les maladies par exemple, c’est tout le site qui en profite.

-La participation à une démarche de conseil développe leurs capacités de gestion comme savoir gérer les diverses activités mais aussi ses revenus, bien gérer les ressources collectives de la famille (terre, travail, capital) que la maîtrise des outils (remplir de fiches ou le carnet d’exploitation, etc.). Le CdG leur fait prendre conscience de leur statut d’acteur disposant d’une marge de manœuvre pouvant construire son avenir. Il renforce le sentiment d’auto-estime nécessaire pour libérer les énergies et affronter les défis.

Il prolonge et renforce les actions d’alphabétisation et post-alphabétisation et donne l’envie aux membres de mieux maîtriser l’écrit et le calcul. Il constitue une application concrète quotidienne des enseignements de base.

Ceci résume assez bien l’idée du Conseil de gestion (CdG). Mais concrètement, qu’est-ci qui se passe sur le terrain ? Prenons un exemple concret. D’abord, un producteur doit s’intéresse au Conseil de gestion et devenir adhérent. Il y a donc de la sensibilisation des groupes de producteurs à la démarche CdG dans l’objectif de susciter le volontariat, car ces derniers payent donc une cotisation lui assurant un suivi par le conseiller. Cette activité concerne tous les producteurs des groupements et unions du même site (adhérents ou non) et toutes personnes intéressées par le CdG. Elle se fait au cours de rencontres collectives spécifiques, de façon individuelle et de manière occasionnelle (AG unions, radio, presse, etc.). Lors de la séance de sensibilisation, le conseillers présente aux producteurs présents les objectifs et finalités du CDG ; les avantages, inconvénients et compétences ; les critères d’adhésion ; le déroulement des activités et la présentation des outils ; les domaines concernés par le CDG ; les acteurs impliqués dans la gestion de la démarche et leurs rôles. Des témoignages d’anciens adhérents et du membre du COCdG complètent l’exposé du conseiller.
Il y a formation des volontaires ayant adhérés à la démarche, à l’utilisation des outils de collecte des données.


Un conseiller visite ensuite plusieurs producteurs sur leurs parcelles à toutes les deux semaines. Ils discutent ensemble des itinéraires techniques, des problèmes ponctuelles qui surviennent, le traitement des maladies, etc. Le conseiller s’assure également que toutes les dépenses et les revenus sont enregistrés dans le cahier de l’adhérent. Ce suivi-conseil concerne prioritairement les adhérents et touche indirectement les non adhérents qui profitent du passage du conseiller ou de la cellule pour avoir des conseils dans les domaines techniques et économiques.
Le conseiller fait ensuite les calculs permettant par la suite de restituer les résultats aux producteurs (marge brute, rendement, dépenses…)


Il y a ensuite restitutions individuelles des résultats et/ou collectives (sur demande des adhérents du groupe) par le conseiller avec l’appui des agronomes. On lui remets par écrit les résultats et on discute avec de recommandations afin qu’il s’améliore l’année suivante. On peut proposer une amélioration du rendement par de meilleures techniques agricoles, une meilleure commercialisation par une planification des cultures, ou simplement un meilleur contrôle des dépenses. Le conseil dépend de la situation du producteur, de ses besoins, mais surtout du changement que le producteur est prêt à accepter (ce qui n’est facile à identifier !). Les producteurs passent ensuite à la prévision pour la campagne suivante. Cela permet d’évaluer les dépenses nécessaires et aussi de valider les recommandations faites auparavant.
Pendant la saison, le dispositif de Conseil de gestion offre sur demande des formations spécifiques, organise des rencontres débats sur des thèmes et problèmes techniques.
Finalement, le Bilan Annuel est une occasion de rassembler plus du quart des 400 producteurs adhérents pour faire une présentation collective des résultats de partout au Burkina.
Ici, la plupart des producteurs font suivre leur production maraîchère, c’est-à-dire les légumes. Pourquoi les producteurs se restreignent seulement à une culture alors qu’ils pourraient considérer également toutes les activités faisant vivre la famille ? Et bien ça c’est une question difficile que je ne détaillerai pas ici. Les intéressés peuvent se manifester et je ferai une entrée à ce sujet si els gens le désirent.

En résumé, pour les visuels, le CdG c’est :




Comme rien n’est parfait dans la vie, il y a des aspects qui font en sorte que la portée et la qualité du conseil peuvent être diminuées. La question que je vous pose est donc :
Qu’est-ce que vous aimez dans le dispositif de conseil de gestion comme méthode de développement ?
Et aussi quels aspects (quels qu’ils soient) peuvent affectés l’ampleur et la qualité du conseil comme moyen de développement des populations rurales ? Quels sont les défis reliés à ce moyen de développement ?
En ayant votre opinion, on va pouvoir débattre des bons et des mauvais points que VOUS aurez identifiés. En espérant que ça rende la discussion intéressante ! Le débat se fera dans la section commentaire. Partagez votre opinion ! Et même si c’est juste pour poser une question, allez-y ! Ça va animer la discussion j’en suis sûr !

Source :
L’UNITE D’APPUI AGRO-ECONOMIQUE
Le Conseil à l’exploitation familiale à la FEDERATION NATIONALE DES GROUPEMENTS NAAM (F. N. G. N.), Outils et méthode, Burkina Faso Mai 2006

Guy Faure, Patrick Dugué, GUIDE PRATIQUE SUR LE CONSEIL A L’EXPLOITATION FAMILIALE : EXPÉRIENCES EN AFRIQUE DE L’OUEST ET DU CENTRE

lundi 17 décembre 2007

Dieu est grand...

Je n’ai pas beaucoup parlé de ma famille. Durant ces derniers mois, je me suis demandé comment je pouvais aborder ce sujet et lui donner un élan que les gens allaient apprécier. J’attendais, j’attendais en essayant de trouver le fil conducteur pour mon histoire.

Vous l’aurez peut-être remarqué, dans mon blogue, je ne parle pas trop de la pluie et du beau temps. Je ne décris pas en long et en large ce qui se passe chaque jour que Dieu me permet de vivre. Je ne vous dis pas par exemple que je joue parfois au soccer, que la poussière soulevée du terrain de sable sur lequel on joue m’empêche de respirer, que la partie est souvent interrompue par une mobilette traversant le terrain, ou plus souvent par un troupeau de bœufs! Je ne vous ai pas trop raconté non plus que je me suis acheté un manteau parce que oui, le matin, j’ai vraiment froid. Il fait 20 degré! C’est ça s’acclimater je suppose! Je vous ai pas raconté non plus comment je suis demeuré perplexe et sans mot devant une sœur à la maison qui essayait tant bien que mal de m’apprendre le moré. Ce n’est pas facile d’apprendre la langue locale quand ton professeure te parle sans vêtement pour couvrir le haut de son corps! (elle a un bébé qu’elle doit alléter) Je ne vous pas non plus dit comment j’ai pu faire pour transporter une table, deux tabourets et un coussin en un seul voyage de vélo pour transporter à la maison! Je ne vous ai pas encore exprimé mon grand étonnement quand j’ai découvert l’imitation parfaite des cafés à la vanille de chez Tim Hortons. Du café instantané, du lait EagleBrand et de l’eau chaude. On se régale! Je n’ai finalement pas encore rendu mes amis jaloux! Et oui les boys, ici dans les petits bar au Burkina, il n’y a que des grosses bières! Et elles coûtent seulement 1 piasse!

Il y plein de sujets comme ça que j’ai pas encore touché. Mais celui de la famille me préoccupe un peu plus. Cette famille m’a accueilli, ils m’ont ouvert leur porte et ils ne m’ont rien demandé. Ils m’ont accepté comme membre de la famille et ils m’ont traité comme un fils. Pour ça, je les remercie du fond de mon cœur. Ils ont voulu qu’un étranger cohabite avec eux. Ce n’est pas chose facile et pour ça je leur en suis vraiment reconnaissant.

Mais j’ai tout de même déménagé récemment. Oui, j’ai changé de maison. Grâce à ça, j’ai pu mieux cerner le pourquoi de l’absence de texte à ce sujet. En effet, je ne pouvais pas vraiment rendre un texte intéressant quand moi-même que je n’étais pas passionné, inspiré par la famille avec qui je demeurais. C’est un peu long à expliquer, mais disons qu’être un vrai fils supposent aussi que tu dois agir comme un fils. On attendait de moi que je comprenne les subtilités, les non-dits, les choses à faire, à ne pas faire, les choses à dire et surtout à ne pas dire. De mon côté, j’ai aussi fait des erreurs que je n’ai comprises qu’à la fin. J’ai aussi un besoin en liberté qui ne concordait pas toujours avec ce que la famille attendait de moi. Bref, malgré que je mangeais très bien, que j’étais très bien logé, que je pouvais souvent rire avec eux, ce n’était pas toujours facile.

Maintenant je vis tout près d’un collègue de travail devenant très rapidement un ami. Je peux lui demander conseil sur tout, ce qui rend mon quotidien vraiment plus facile. J’ai une petite chambre dans une cour de 4 familles. Je me fais moi-même à manger et je vais aussi chercher mon eau à 200 mètres. Toute mon eau, même pour la douche! Et tout ça avec le « yellow fever », mon vélo adoré! La dynamique est vraiment différente. Seul les enfants et jeunes adultes comprennent le français, des femmes font cuire des arachides tout près de chez moi et des troupeaux de bœufs et de chèvres passent à deux coins de rue. La vie est vraiment plus difficile dans ce quartier, mais malgré ça, je me sens plus chez moi. J’ai moins de confort matériel, mais je trouve plus de raison de sourire le matin. Hier seulement, ma voisine triait les coquilles des arachides devant ma porte…Ça m’a réveillait et je trouvait ça vraiment très drôle! Je fais peur à beaucoup plus d’enfants et les 40 litres d’eau que je dois aller chercher à chaque deux jours me donnent vraiment chaud! Mais vraiment, c’est bien!

Grâce à Moussa, le collègue qui vit tout près de chez moi, j’apprends plus que jamais sur les relations humaines et aussi sur la place que peut avoir la religion dans la vie d’un homme (ou d’une femme!). Je ne viens pas religieux, mais du loin, je pondère mes opinions. Relisez le titre de cet article….

Je me sens trop chanceux de partager ce quotidien avec un ami tout près. Rien n’aurait pu prédire ça, parce que je me suis retrouvé à cet endroit par un pu hasard, sans que ce soit lui qui arrange le tout. C’était la volonté de Dieu…LOL. Vraiment, quand des histoires comme ça arrive, j’ai envie de le dire…Dieu est grand!

La pluie et le beau temps

Voici un petit texte tiré du Journal Sidwayam, un quotidien, du lundi 10 septembre 2007


L’air du temps


Nous, sahéliens, sourions de l’expression : « Parler de la pluie et du beau temps » car la pluie reste habituellement synonyme de bienfaits, d’abondance et non de désagrément. [La saison des pluies terminée,] lorsque souffle l’harmattan (arme du temps!), véhiculant épidémies, poussières et mille détritus dont les tenaces… sachets noirs, nous regrettons le beau et bon temps de l’hivernage où tout vit et reverdit. On a tant prié, chanté voire… pleuré que les vœux ont été exaucés au-delà de toute espérance! Histoire… d’eau et d’eaux!

Déluges par-ci, inondations par là, situations préoccupantes partout! Et comme d’habitude, l’homme, éternel insatisfait, réagit comme en politique : en vouant aux gémonies celui ou ce qu’il a souhaité, acclamé, adulé, encensé la veille. Singulièrement quand tout va… à vau-l’eau!

Maunir
P.S. : C’est peut-être la… mondialisation des expressions!



Vraiment il a trop raison! J’étais vraiment content de voir la pluie tomber pour les producteurs, mais j’ai aussi eu deux cas de paludisme pendant ce temps! Maintenant, il fait un peu plus frais pendant la saison sèche, mais la poussière m’a donné vraiment un gros rhume! Oui oui, j’ai vraiment eu un rhume qui a duré deux semaines! Bref, qu’on soit au Québec ou en Afrique, on a toujours une raison de critiquer la température…

Bonne tempête de neige au gens de chez nous!

Petit bonheur d'aujourd'hui

Une autre crevaison à vélo aujourd'hui. Ce qui rendait celle ci unique, c'est l'endroit ou j'ai fait reparé. Le repérateur etait situé sous un lampadaire qui s'éteugnait à toute les 20 secondes environ pour une periode indéterminé.... Il devait donc attendre qu'il se rallume pour poursuivre le travail...fait assez commun, mais toujours drôle pour moi de remarquer ce genre de chose!

J'ai aussi décuovert que le soir, le prix pour faire réparer une crevaison double, passant de 10 sous à 20 sous...c'est les lois de l'offre et la demande! Le soir, quand t'a un pneu crevé t'a moins d'arguments pour negocier ton prix disons!

joyeux noel hivernale à tous!

mercredi 5 décembre 2007

L'histoire des chaises

J'oubliais presque l'histoire des chaises.

Vous vous souvenez, il y a quelques semaines, je vous demandais de m'aider afin de choisir à qui j'allais acheter une chaise... L'artisan local ou le groupe de personne à mobilité réduite soutenu par une ONG.

Le débat a été chaud! J'ai reçu des avis partagés sur le blogue et aussi sur mes comptes personnelles. Je crois en l'importance de soutenir une économie locale en développement. C'est par l'épanouissement d'un secteur privé sain qui aidera et a déjà aidé plusieurs pays à se développer. D'un autre côté, Tout le monde a droit de jouir d'une vie saine, donc il est normal de soutenir des personnes ayant moins d'opportunités.

Par contre, étant donné le contexte dans lequel je suis, il est difficile de dire à qui profiterait plus cet achat. Peut-être l'artisan a un enfant qu'il doit envoyer à l'école, peut-etre pas.

En gros, je crois pas qu'il y est de réponse juste.

Ce que j'ai fait?

Et bien, en fait, mon choix a reposé sur deux facteurs qui n'ont rien à voir avec ce que je viens d'écrire. J'ai choisi l'artisan local...

Parce qu'il faisait la chaise à 15% moins cher et surtout parce qu'il venait la livrer à domicile. Assez pratique quand on se déplace en vélo!

Donc voilà! Merci pour vos réponses et ne vous inquiétez pas, d'autres débats s'en viennent!

Maman …. Je t’ai menti!

Ici, je vous partage une lettre que j’ai destinée à ma mère.



Maman …. Je t’ai menti!

Je m’explique. Avant mon départ en juillet, tu t’inquiétais au niveau de ma sécurité. Est-ce dangereux l’Afrique? C’est vrai que si tu as visionné des films comme « Diamants de sang » et « Un dimanche à Kigali », tu es en droit de se questionner! Je te rassure, mon objectif n’est pas de me mettre dans des situations impossibles où ma santé est en jeu (cela sans tenir compte des possibles épisodes de paludisme)!

Voici il y de cela quelques mois ce que je t’avais répondu pour t’enlever toute inquiétude : « Tu sais maman, au Burkina Faso, ce n’est pas comme le Congo, le Sierra Leone ou certains pays d’Amérique Latine. Ces pays possèdent plusieurs richesses naturelles comme le diamant, l’or, le sucre, etc. Dans ces pays, l’inégalité est grande entre les riches et les pauvres. C’est cette inégalité qui génère la violence. Quelqu’un voyant son voisin avec une belle voiture a bien plus de chance de développer un sentiment d’agressivité. Là-bas, au Burkina Faso, tout le monde, ou presque, est pauvre. Alors il n’y a pas cette frustration et cette violence qui se sont installées dans le cœur des gens. »

Le sociologue en moi croyait alors avoir raison. Mea culpa! En vérité, il y a bel et bien de belles maisons de riches au Burkina Faso! Si tu venais me rejoindre, tous les jours, tu remarquerais comme moi un paysan dans la rue amenant ses récoltes à dos d’âme se faire dépasser par une Mercedes. Des adolescents ont des motos alors que d’autres doivent s’installer près de lampadaires sur le bord des routes pour pouvoir étudier le soir. Une famille peut facilement avoir l’eau courante, l’électricité, un frigo alors que leurs voisins doivent puiser l’eau au forage du quartier. D’un côté de la rue, tu pourrais voir un édifice en ciment à deux étages, climatisé, et de l’autre, des maisons faites de briques de terres sans eau courant ni électricité.


(Des femmes font le vannage du maïs, opération consistant à séparer la coquille du grain du coeur. On pourrait après en faire de la farine.)

Malgré tout, je ne t’ai pas menti totalement. Oui, je me sens en sécurité au Burkina Faso! Je n’ai jamais été victime d’actes de violences, peu importe leurs natures. Mais pourquoi? Parce que je ne sors pas après le coucher du soleil (ce qui est faux!) ? Parce que je suis toujours accompagné par gardes du corps burkinabé (encore faux!)? Parce que je ne m’expose à aucun risque et parce que je ne parle à personne (ça aussi, c’est tout ce qu’il y a de plus faux!) ? Mon impression est que peut-être ce sont seulement les Burkinabé qui sont comme ça. Pacifiques, tranquilles, « relax ». Après avoir entendu la phrase « Y a pas de problèmes! » pour la cinquième fois dans une journée, on commence à réaliser la richesse de ce peuple. Malgré la pauvreté, tu serais étonné de constater que les Burkinabé sont un peuple vivant dans la paix. Ils estiment énormément les étrangers et ils voient la vie très positivement. Par exemple, j’ai dernièrement accompagné un ami qui récoltait le champ de sa famille.



Malgré mon inefficacité flagrante à manier la hache, mes mains criblées d’ampoules et mes deux coups de chaleur, il m’a tout de même remis à la fin de la matinée un très gros sac d’arachides et un autre sac d’haricots pour me remercier. Le travail que j’ai fait ne valait aucunement cette récompense! Mais j’ai accepté bien sûr, parce que c’est comme ça… au Burkina!

Maman, je t’invite à venir vivre quelques semaines au Burkina Faso. Tu découvriras, contrairement à ce beaucoup de gens pourraient penser, que nous n’avons pas besoin de donner de l’argent ou des cadeaux pour être apprécié et respecté. Malgré le manque de moyens de la population, il te suffirait de montrer ton appréciation pour leur pays, parler la langue locale, discuter avec eux et peut-être tu remarqueras comme moi quelque chose dans leurs yeux. La fierté? La reconnaissance? La joie? Je ne sais pas. Tout ce que je vois, c’est le privilège que j’ai de pouvoir connaître des gens comme ça!


(Des enfants nous accompagnant au champ)

Alors maman, même si les inégalités n’ont pas échappée à mon pays d’adoption, je réitère ce que je disais : oui je me sens en sécurité au Burkina Faso!

Ton fils qui t’aime.

Un regard sur la cinquantaine en Afrique!

La semaine dernière, c’était également ma fête. Ne sachant pas vraiment comment les gens célébraient leur anniversaire, je me suis renseigné auprès de quelques amis. D’abord, selon les échos que j’ai reçus, ce n’est traditionnellement pas tout le monde qui organise quelque chose pour cette occasion. Certains ne connaissent pas leur date exacte de naissance, alors que d’autres font plutôt accueillir leur famille et amis la journée du saint portant leur nom. Alors je vous invite à demander à grand-maman quel est la journée de la Ste Sylvie, et si elle existe, on pourra tous célébrer la cinquantaine de ma tante une deuxième fois!

Mes amis m’ont aussi dit que c’est le fêté qui doit organise et paye pour la nourriture que les invités prendront. Mais bon, comme ma technique de cuisine africaine n’est pas encore assez développée, j’ai préféré laisser faire. J’ai amené quelques plantains fris et tout le monde semblait bien content! Alors si vous souhaitez fêter à l’africaine, envoyer le bill à Sylvie, je suis sûr qu’elle va être super contente!

Bon, arrêtons de parler de moi, parce que je n’ai malheureusement pas atteint l’âge des Club MMed encore! Quel est donc le visage de la cinquantaine ici? Contrairement à ce qu’on penser, l’Afrique n’a pas un seul visage, mais bien au-dessus d’un milliard qui ont tous une vision, une opinion sur ce qui se passe sur notre planète. Comme le temps est compté, laissez-moi vous en présenter deux d’ici, au Burkina Faso. J’ai eu la chance de rencontrer ces deux femmes uniques qui sont toujours pour moi une source d’inspiration.



Je vous présente Geneviève, mère d’une famille de 7 enfants. Elle parle seulement moré, elle n’est pas allée à l’école. Chaque matin, elle se lève vers 4h30 pour préparer le feu, balayer la cours et cuisiner la bouillie pour servir au petit-déjeuner. Pendant la saison des pluies, elle accompagnera son mari au champ toute la journée. Armé d’une pioche, elle enlèvera la mauvaise herbe sans montrer le moindre signe de fatigue. À son retour à la maison, elle devra laver les vêtements, à la main bien sûr! Et préparer le repas du soir pour se coucher vers 22h. Les jours suivant, le manège recommence! Quel courage!

À plusieurs kilomètres de là, dans la ville de Bobo Dioulasso, vit Helena. Elle est une leader dans les différents groupes dans lesquelles elle s’investit. Elle représente entre autre un groupement de producteurs de légumes, composé de femmes et d’hommes. Elle transmet ainsi chaque jour à des paysans son savoir tant au niveau technique qu’à la gestion de leur exploitation. Elle est la seule femme à travers 16 autres conseillers masculins distribuer un peu partout dans le pays. Elles ne comptent donc pas les heures passées à tenter d’améliorer les conditions de vie de plusieurs producteurs à petite échelle, leur permettant ainsi d’espérer passer la barre de la pauvreté extrême.

Quel est le lien entre ces femmes? Une, faute de moyens, travaille au bien-être de sa famille. L’autre, ayant eu la chance d’apprendre à lire et écrire, encourage des producteurs à développer leurs aptitudes et augmenter chaque année leur revenu. Et toi Sylvie, tu te situes où là-dedans? Tout comme ces femmes exceptionnelles, Tu te préoccupes des gens qui t’entoure, tu as toujours une pensée pour tes neveux qui, au fond, sont tous devenus un peu tes enfants à toi aussi. Tu sais, quand tu venais nous visiter dans les grandes villes où nous étudions ou travaillions, nous sentions vraiment ton désir de passer du temps avec nous, de discuter, d’échanger, de passer de bons moment. Et ça, c’est vraiment spécial! Merci tante Sylvie.

Passe une bonne fête et ne pleure pas trop.

Et à vous tous, dans la salle, mangez une bonne poutine à ma santé! Je pense à vous!

samedi 17 novembre 2007

Un nouveau blog!

Bonjour à tous,

je voulais faire une annonce concernant le lancement officiel du blogue de l'équipe burkina d'ISF. En effet, on est 6 super volontaires d'ISF au Burkina Faso. Nous avons donc décidé de créer un blogue commun, ceci dans le but de faire un peu de pub chez les francophones s'intéressant au développement. A partir de ce site, vous pouvez aussi avoir accès aux blogues personnelles de chacun.



Tu veux connaître l'équipe Burkina d'ISF?
Tu veux aller voir le blogue d'un autre volontaire francophone?
Vas voir: http://www.equipebf.blogspot.com/

A bientôt!

Simon