lundi 17 décembre 2007

Petit bonheur d'aujourd'hui

Une autre crevaison à vélo aujourd'hui. Ce qui rendait celle ci unique, c'est l'endroit ou j'ai fait reparé. Le repérateur etait situé sous un lampadaire qui s'éteugnait à toute les 20 secondes environ pour une periode indéterminé.... Il devait donc attendre qu'il se rallume pour poursuivre le travail...fait assez commun, mais toujours drôle pour moi de remarquer ce genre de chose!

J'ai aussi décuovert que le soir, le prix pour faire réparer une crevaison double, passant de 10 sous à 20 sous...c'est les lois de l'offre et la demande! Le soir, quand t'a un pneu crevé t'a moins d'arguments pour negocier ton prix disons!

joyeux noel hivernale à tous!

mercredi 5 décembre 2007

L'histoire des chaises

J'oubliais presque l'histoire des chaises.

Vous vous souvenez, il y a quelques semaines, je vous demandais de m'aider afin de choisir à qui j'allais acheter une chaise... L'artisan local ou le groupe de personne à mobilité réduite soutenu par une ONG.

Le débat a été chaud! J'ai reçu des avis partagés sur le blogue et aussi sur mes comptes personnelles. Je crois en l'importance de soutenir une économie locale en développement. C'est par l'épanouissement d'un secteur privé sain qui aidera et a déjà aidé plusieurs pays à se développer. D'un autre côté, Tout le monde a droit de jouir d'une vie saine, donc il est normal de soutenir des personnes ayant moins d'opportunités.

Par contre, étant donné le contexte dans lequel je suis, il est difficile de dire à qui profiterait plus cet achat. Peut-être l'artisan a un enfant qu'il doit envoyer à l'école, peut-etre pas.

En gros, je crois pas qu'il y est de réponse juste.

Ce que j'ai fait?

Et bien, en fait, mon choix a reposé sur deux facteurs qui n'ont rien à voir avec ce que je viens d'écrire. J'ai choisi l'artisan local...

Parce qu'il faisait la chaise à 15% moins cher et surtout parce qu'il venait la livrer à domicile. Assez pratique quand on se déplace en vélo!

Donc voilà! Merci pour vos réponses et ne vous inquiétez pas, d'autres débats s'en viennent!

Maman …. Je t’ai menti!

Ici, je vous partage une lettre que j’ai destinée à ma mère.



Maman …. Je t’ai menti!

Je m’explique. Avant mon départ en juillet, tu t’inquiétais au niveau de ma sécurité. Est-ce dangereux l’Afrique? C’est vrai que si tu as visionné des films comme « Diamants de sang » et « Un dimanche à Kigali », tu es en droit de se questionner! Je te rassure, mon objectif n’est pas de me mettre dans des situations impossibles où ma santé est en jeu (cela sans tenir compte des possibles épisodes de paludisme)!

Voici il y de cela quelques mois ce que je t’avais répondu pour t’enlever toute inquiétude : « Tu sais maman, au Burkina Faso, ce n’est pas comme le Congo, le Sierra Leone ou certains pays d’Amérique Latine. Ces pays possèdent plusieurs richesses naturelles comme le diamant, l’or, le sucre, etc. Dans ces pays, l’inégalité est grande entre les riches et les pauvres. C’est cette inégalité qui génère la violence. Quelqu’un voyant son voisin avec une belle voiture a bien plus de chance de développer un sentiment d’agressivité. Là-bas, au Burkina Faso, tout le monde, ou presque, est pauvre. Alors il n’y a pas cette frustration et cette violence qui se sont installées dans le cœur des gens. »

Le sociologue en moi croyait alors avoir raison. Mea culpa! En vérité, il y a bel et bien de belles maisons de riches au Burkina Faso! Si tu venais me rejoindre, tous les jours, tu remarquerais comme moi un paysan dans la rue amenant ses récoltes à dos d’âme se faire dépasser par une Mercedes. Des adolescents ont des motos alors que d’autres doivent s’installer près de lampadaires sur le bord des routes pour pouvoir étudier le soir. Une famille peut facilement avoir l’eau courante, l’électricité, un frigo alors que leurs voisins doivent puiser l’eau au forage du quartier. D’un côté de la rue, tu pourrais voir un édifice en ciment à deux étages, climatisé, et de l’autre, des maisons faites de briques de terres sans eau courant ni électricité.


(Des femmes font le vannage du maïs, opération consistant à séparer la coquille du grain du coeur. On pourrait après en faire de la farine.)

Malgré tout, je ne t’ai pas menti totalement. Oui, je me sens en sécurité au Burkina Faso! Je n’ai jamais été victime d’actes de violences, peu importe leurs natures. Mais pourquoi? Parce que je ne sors pas après le coucher du soleil (ce qui est faux!) ? Parce que je suis toujours accompagné par gardes du corps burkinabé (encore faux!)? Parce que je ne m’expose à aucun risque et parce que je ne parle à personne (ça aussi, c’est tout ce qu’il y a de plus faux!) ? Mon impression est que peut-être ce sont seulement les Burkinabé qui sont comme ça. Pacifiques, tranquilles, « relax ». Après avoir entendu la phrase « Y a pas de problèmes! » pour la cinquième fois dans une journée, on commence à réaliser la richesse de ce peuple. Malgré la pauvreté, tu serais étonné de constater que les Burkinabé sont un peuple vivant dans la paix. Ils estiment énormément les étrangers et ils voient la vie très positivement. Par exemple, j’ai dernièrement accompagné un ami qui récoltait le champ de sa famille.



Malgré mon inefficacité flagrante à manier la hache, mes mains criblées d’ampoules et mes deux coups de chaleur, il m’a tout de même remis à la fin de la matinée un très gros sac d’arachides et un autre sac d’haricots pour me remercier. Le travail que j’ai fait ne valait aucunement cette récompense! Mais j’ai accepté bien sûr, parce que c’est comme ça… au Burkina!

Maman, je t’invite à venir vivre quelques semaines au Burkina Faso. Tu découvriras, contrairement à ce beaucoup de gens pourraient penser, que nous n’avons pas besoin de donner de l’argent ou des cadeaux pour être apprécié et respecté. Malgré le manque de moyens de la population, il te suffirait de montrer ton appréciation pour leur pays, parler la langue locale, discuter avec eux et peut-être tu remarqueras comme moi quelque chose dans leurs yeux. La fierté? La reconnaissance? La joie? Je ne sais pas. Tout ce que je vois, c’est le privilège que j’ai de pouvoir connaître des gens comme ça!


(Des enfants nous accompagnant au champ)

Alors maman, même si les inégalités n’ont pas échappée à mon pays d’adoption, je réitère ce que je disais : oui je me sens en sécurité au Burkina Faso!

Ton fils qui t’aime.

Un regard sur la cinquantaine en Afrique!

La semaine dernière, c’était également ma fête. Ne sachant pas vraiment comment les gens célébraient leur anniversaire, je me suis renseigné auprès de quelques amis. D’abord, selon les échos que j’ai reçus, ce n’est traditionnellement pas tout le monde qui organise quelque chose pour cette occasion. Certains ne connaissent pas leur date exacte de naissance, alors que d’autres font plutôt accueillir leur famille et amis la journée du saint portant leur nom. Alors je vous invite à demander à grand-maman quel est la journée de la Ste Sylvie, et si elle existe, on pourra tous célébrer la cinquantaine de ma tante une deuxième fois!

Mes amis m’ont aussi dit que c’est le fêté qui doit organise et paye pour la nourriture que les invités prendront. Mais bon, comme ma technique de cuisine africaine n’est pas encore assez développée, j’ai préféré laisser faire. J’ai amené quelques plantains fris et tout le monde semblait bien content! Alors si vous souhaitez fêter à l’africaine, envoyer le bill à Sylvie, je suis sûr qu’elle va être super contente!

Bon, arrêtons de parler de moi, parce que je n’ai malheureusement pas atteint l’âge des Club MMed encore! Quel est donc le visage de la cinquantaine ici? Contrairement à ce qu’on penser, l’Afrique n’a pas un seul visage, mais bien au-dessus d’un milliard qui ont tous une vision, une opinion sur ce qui se passe sur notre planète. Comme le temps est compté, laissez-moi vous en présenter deux d’ici, au Burkina Faso. J’ai eu la chance de rencontrer ces deux femmes uniques qui sont toujours pour moi une source d’inspiration.



Je vous présente Geneviève, mère d’une famille de 7 enfants. Elle parle seulement moré, elle n’est pas allée à l’école. Chaque matin, elle se lève vers 4h30 pour préparer le feu, balayer la cours et cuisiner la bouillie pour servir au petit-déjeuner. Pendant la saison des pluies, elle accompagnera son mari au champ toute la journée. Armé d’une pioche, elle enlèvera la mauvaise herbe sans montrer le moindre signe de fatigue. À son retour à la maison, elle devra laver les vêtements, à la main bien sûr! Et préparer le repas du soir pour se coucher vers 22h. Les jours suivant, le manège recommence! Quel courage!

À plusieurs kilomètres de là, dans la ville de Bobo Dioulasso, vit Helena. Elle est une leader dans les différents groupes dans lesquelles elle s’investit. Elle représente entre autre un groupement de producteurs de légumes, composé de femmes et d’hommes. Elle transmet ainsi chaque jour à des paysans son savoir tant au niveau technique qu’à la gestion de leur exploitation. Elle est la seule femme à travers 16 autres conseillers masculins distribuer un peu partout dans le pays. Elles ne comptent donc pas les heures passées à tenter d’améliorer les conditions de vie de plusieurs producteurs à petite échelle, leur permettant ainsi d’espérer passer la barre de la pauvreté extrême.

Quel est le lien entre ces femmes? Une, faute de moyens, travaille au bien-être de sa famille. L’autre, ayant eu la chance d’apprendre à lire et écrire, encourage des producteurs à développer leurs aptitudes et augmenter chaque année leur revenu. Et toi Sylvie, tu te situes où là-dedans? Tout comme ces femmes exceptionnelles, Tu te préoccupes des gens qui t’entoure, tu as toujours une pensée pour tes neveux qui, au fond, sont tous devenus un peu tes enfants à toi aussi. Tu sais, quand tu venais nous visiter dans les grandes villes où nous étudions ou travaillions, nous sentions vraiment ton désir de passer du temps avec nous, de discuter, d’échanger, de passer de bons moment. Et ça, c’est vraiment spécial! Merci tante Sylvie.

Passe une bonne fête et ne pleure pas trop.

Et à vous tous, dans la salle, mangez une bonne poutine à ma santé! Je pense à vous!